Icone mode : le bandana

Presque aussi présent dans les rues et par extension sur les réseaux sociaux que le half bun, le bandana a son propre hashtag sur Instagram (bientôt 1,5 million de publications). Certaines personnes (=moi) ont même créé un hashtag spécifique #bandanaglamgang afin de partager les différentes manières de se l’approprier avec sa communauté.

Le choix de l’anglicisme « gang » n’est pas anodin : depuis sa création aux USA, le bandana est une histoire de tribus. Des cow boys aux chanteurs de rock, des membres des gangs de Los Angeles au fashpack franco-scandinave qui transhume d’une fashion week à l’autre sous l’oeil des photographes de streetstyle, le bandana marche en bande.

Mais d’où (re)vient le bandana ? A qui doit-on la résurgence de cette tendance en 2015 ? Va-t-elle passer l’été ? Et comment se l’approprier ?

Le bandana, modeste carré de tissu en coton, a fait son apparition à la fin du 19ème siècle sur le nez des cow boys. Efficace rempart contre la poussière du grand ouest, le bandana s’avère également pratique pour éponger la sueur. (Il n’y avait pas la clim). Ce n’est qu’au 20ème siècle (il y avait la clim) qu’il évolue pour devenir un accessoire de mode stricto sensu.

En 1955, Hitchcock tourne « To catch a thief » (La main au collet) sur la Riviera. Pour la première fois dans l’histoire du cinéma, l’acteur principal du film -Cary Grant- est autorisé à jouer les costumiers. Dans la plupart des scènes, celui-ci porte une marinière made in France et… un bandana rouge à pois noué autour du cou. Le bandana fait le trait d’union entre les origines américaines du personnage et le lieu du tournage. Et augure de belles années au mix and match d’imprimés !

Dans les années soixante-dix, le bandana change de style : s’il est toujours rouge, sur le visage perlé de sueur d’un Bruce Springsteen déchaîné sur scène, il prend des airs plus rock. Il incarne une certaine idée de l’Amérique : authentique, créative et rebelle. A la même époque à New York et en Europe, apparaît un nouveau langage amoureux dans la communauté gay : le bandana code. Celui-ci permet de signaler ses préférences, selon la couleur du bandana ou la manière de le porter (dans la poche gauche, droite, à l’avant du pantalon…).

Autre époque, autres moeurs. Au début des années quatre-vingt dix, le bandana revient sur le devant de la scène rap. Pour la star de la West Coast TuPac, il se porte inexorablement « front tied » (noué sur le front), les coins tombants façon oreilles de lapin. Ce gimmick mode a contribué à construire l’image du rappeur… Du personal branding anténumérique. TuPac a tragiquement disparu en 1996, rapidement imité par le bandana. (Enfin ! On commençait à se lasser).

Il faudra attendre les années ’10 pour que le bandana fasse son grand retour. (Enfin ! il commençait à nous manquer). Plus chic, plus désirable et plus pointu que jamais, le petit carré cool a définitivement l’ADN et tout ce qu’il faut d’histoire pour affirmer enfin son statut d’icone de mode… On comprend mieux pourquoi le bandana est la nouvelle marotte des grandes Maisons. De Chanel, qui l’a fait défiler à Dallas à l’occasion de son show métiers d’art en 2014, à Saint-Laurent, sans oublier Hermès qui offre une nouvelle jeunesse à son carré de soie, le luxe invente une nouvelle grammaire du bandana. Que l’on peut reprendre à son compte, sans avoir besoin de vider l’intégralité de son contenu sur netaporter. Vous me suivez ? En attendant Noël, peu importe que le bandana soit signé Saint-Laurent, pourvu qu’on ait l’Yvresse.

Comment porter le bandana ?

Comme il vous plaira ! J’aime nouer mon bandana bleu marine autour de mon poignet, façon bracelet cheap & chic 2.0. Ou entourer la anse de mon Kelly avec mon bandana bordeaux pour l’encanailler un peu. J’attache parfois le noir autour des passants de mon vieux 501, pour lui rappeler ses origines. Et je plie souvent en deux mon bandana kaki en triangle, pour le poser sur mon cou dans une version cow boy rive gauche plutôt conceptuelle. Hi ha !! (Pardon). On peut aussi ressusciter le désir pour un it bag en traversée du desert : un speedy Vuitton ou pourquoi pas un Gaucho de Dior ! La limite est l’imagination.

Le bandana, un amour de vacances ?

Oui, mais qui passera l’hiver ! Avec la vague seventies qui s’apprête à déferler chez Zara et consorts, il peut totalement la jouer premier degré; intéressant pour twister les looks simplistes venus du nord, il sait aussi assurer les clash de styles. Fédérateur (on a tous une histoire avec le bandana), terriblement graphique et visuel, il a tout pour devenir une star d’Instagram. (L’avocat est en panique). Versatile pour ne pas dire polyvalent, accessible à toutes les bourses ou flirtant avec l’indécence, le bandana est l’accessoire de crise par excellence. On choisira son camp, selon la santé économique de son pays de résidence. J’achète mes bandanas deux euros en friperies. CQFD.

Toutes mes photos sont sur Instagram #bandanaglamgang. N’hésitez pas à poster votre interprétation du bandana avec le hashtag ! Allez faire un tour sur Pinterest pour encore plus d’inspirations.

2 Commentaires

Sixtine

Merci pour ce petit bout de culture mode ! J’attends le suivant avec impatience :-))))

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